Kinshasa : Polémique autour du wax hollandais contrefait en Chine

Les wax Vlisco contrefaits qui inondent le marché africain posent de sérieux problèmes d’identification au grand dam de la firme hollandaise Vlisco qui a décidé de sévir.

« Super wax ». Ce pagne prisé par les femmes congolaises en raison de sa qualité est actuellement au centre d’une vive controverse entre Vlisco et les femmes commerçantes de Kinshasa. La firme hollandaise est montée au créneau via ses avocats-conseil pour protester contre les pagnes contrefaits importés d’Asie utilisant ses dessins et caractéristiques, et revendus à vil prix à Kinshasa. Ces wax contrefaits qui inondent le marché, posent de sérieux problèmes d’identification aux clients. Pour Vlisco, il est hors de question d’utiliser ses motifs et design dans le but inavoué de flouer des âmes inconscientes sous couvert de sa marque déposée. Une raison qui tient la route lorsqu’on connait la hauteur des frais qu’engage cette société pour dédouaner ses pagnes, là où des importateurs de petit calibre déboursent peu ou presque rien.

Ce qui est présenté comme une concurrence déloyale a fini par dégénérer. Dans certains milieux des femmes commerçantes, il est fait état de la détermination de la firme hollandaise d’en découdre avec elles en utilisant la force répressive s’il en faut. Des personnalités politiques, militaires et judiciaires de grande influence seraient mises à contribution par Vlisco pour bloquer les importations des pagnes venus d’Asie, à en croire ces dames. Elles tiennent à leur commerce et entendent aller jusqu’au bout de leur combat. Réunies au sein de l’Association des femmes commerçantes (AFCOM-KIN), elles ont dernièrement improvisé un sit-in devant l’hôtel de ville, question de contraindre le gouverneur de la ville de Kinshasa à s’impliquer pour lever les contraintes auxquelles elles font face dans l’exercice de leur petit commerce. « Nous n’avons interdit à quiconque de ne pas vendre le super wax. Tout ce que nous dénonçons, c’est la copie de nos dessins et motifs », a indiqué une source proche de Vlisco.

Les femmes commerçantes croient avoir de bonnes raisons de tenir à leur commerce. Alors que dans les échoppes de Vlisco, la pièce se négocie autour de 150 dollars, elles cassent les prix offrant jusqu’à 12 dollars le pagne super wax. Elles déclarent aider leurs compatriotes, surtout les gagnes-petits, étant entendu que le pouvoir d’achat, à Kinshasa comme ailleurs dans le pays, laisse à désirer. Qu’à cela ne tienne. Une chose est vraie, c’est que les faux wax ne sont pas prêts à être éradiqués d’ici là sur le marché kinois au grand dam de Vlisco et de ses clientes.

Alain Diasso
Depêche de Brazzaville

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