Matata – Bahati : un scandale à 12 millions de USD par mois!

C'est le journal Kinois Africanews qui révèle l'informaiton. En effet, alors que les cours du pétrole connaissent une stabilité constante depuis plusieurs mois et, donc, les risqués de choc et de perte quasi nuls pour les pétroliers, le gouvernement continue curieusement d’intégrer la...

 

Dissimulée dans «les Frais de distribution» ensemble avec les rubriques «Charges d’exploitation SEP» et «Stock sécurité», pourtant séparées pour les zones Est et Sud, la sous-rubrique «Stock stratégique» passe pour une exclusivité de la zone Ouest et prend, à elle seule, environ USD 315 par M3aux consommateurs.

Une rubrique reprise dans la structure de prix des carburants terrestres exclusivement pour la zone Ouest fait tiquer. De l’avis des experts du ministère de l’Economie approchés par la Rédaction, elle fait pomper environ USD12 millions par mois aux consommateurs. Et depuis le 16 août à ce jour, environ USD 36 millions leur ont été bouffés via ce trucage. Le Premier ministre Matata Ponyo et son ministre de l’Economie Modeste Bahati sont-ils liés à ce scandale? Où va l’argent? Si ces questions s’adressent directement au Comité de suivi surveillé par la Primature, il y a des fortes présomptions: on est dans un scandale du carburant

Le ministre de l’Economie Modeste Bahati a signé, le 14 août 2015, les arrêtés n°045, 046 et 047 portant structure de prix des carburants terrestres, applicables à partir du 16 août. La structure tient compte de trois principaux éléments : le prix moyen frontière par M3, les frais de distribution, le stock de sécurité et la fiscalité. Le stock de sécurité est, en principe, une marge intégrée dans le prix permettant de prévenir d’éventuels risques de choc sur les marchés et de perte pour les distributeurs.

Dans la zone Est, regroupant la province de Maniema, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’ex-Province Orientale, le prix moyen frontière a été fixé à USD 852,12 par M3 pour l’essence et USD 871,64 pour le gasoil; les frais de distribution à USD 160,21 dont USD 35,00 pour les charges d’exploitation SEP-Congo et autres entrepôts, USD 40,00 pour les charges d’exploitation des sociétés commerciales pour les deux produits, USD 85,21 de marge pour les sociétés commerciales pour l’essence et USD 87,16 pour le gasoil. USD 21,03 sont taxés pour le stock de sécurité pour les deux produits.

Dans la zone Sud, regroupant l’ex-Katanga et les deux anciens Kasaï, Bahati a fixé le prix moyen frontière à USD 823,56 pour le fuel et USD 834,28 pour le gasoil. Côté frais de distribution, USD 35 servent à couvrir les charges d’exploitation SEP Congo et autres entrepôts pour les deux produits; USD 40 pour les charges d’exploitation des sociétés commerciales. Les sociétés commerciales ont droit à USD 82,36 de marge pour l’essence et USD 83,43 pour le mazout. Le stock de sécurité est maintenu au même niveau que dans la zone Est : à USD 21,03.

Dans la zone Ouest, le prix moyen frontière, le plus bas, est de USD 633,70 pour le fuel et de USD 587,09 pour le mazout. Côté frais de distribution, les charges d’exploitation des sociétés commerciales s’élèvent à USD 91 pour l’essence et USD 87,14 pour le gasoil; la marge à USD 63,37 pour l’essence et USD 41,29 pour le gasoil. Mais, curieusement, le «Stock de sécurité» cesse d’être une rubrique à part entière comme dans les zones Est et Sud. Il fait désormais partie de la même rubrique que «les charges d’exploitation SEP» et -encore une nouveauté- il est fondu dans la sous-rubrique «Stock sécurité et stratégique ».

Voici que des experts du ministère de l’Economie crient scandale. Et pour cause? «Cette rubrique n‘apparait que dans la zone Ouest. A elle seule, cette rubrique exclusive pompe USD 367,99 pour l’essence et le gasoil», font remarquer les spécialistes brandissant une copie de la structure de prix.

Alors que le prix du baril connait une stabilité constante depuis plusieurs mois et, donc, les risques de choc et de perte sont quasi nuls pour les pétroliers, les experts sont d’avis que rien ne justifie l’intégration du «Stock stratégique» dans la structure de prix des carburants, encore moins dans la zone Ouest. Du coup, ils jugent téméraire et suspecte sa prise en compte dans la structure de prix en vigueur.

Et des questions fusent : pourquoi le regroupement des charges d’exploitation SEP et des stocks de sécurité et stratégique uniquement dans la zone Ouest? Pourquoi cette rubrique n’apparait-elle pas dans les zones Est et Sud? Pourquoi percevoir le numéraire pour un stock dit stratégique? Quels sont les critères qui militent en faveur de l’établissement à hauteur de USD 367,99? AfricaNews s’est chargé de transmettre ces questions à la Primature dont les services siègent dans le Comité de suivi de la structure de prix des carburants terrestres. Silence de cimetière.

A en croire les experts du ministère de l’Economie approchés par la Rédaction, si on déduit USD 35 représentant les charges d’exploitation SEP et USD 21 du stock de sécurité dans les zones Est et Sud, il reste USD 312 réellement pompés sous prétexte du stock stratégique. Or, USD 312 multipliés par environ 40.000 M3 vendus par mois dans la zone Ouest, font environ USD 12 millions absorbés via ce trucage. Et depuis le 16 août à ce jour, environ USD 36 millions ont été bouffés aux consommateurs. Le Premier ministre Matata Ponyo et son ministre de l’Economie Modeste Bahati sont-ils liés à ce scandale? Où va l’argent? Deux questions directement adressées au Comité de suivi. Il y a des fortes présomptions: on est dans un scandale du carburant. Selon certaines indiscrétions, une partie de cet argent servirait à payer les primes des membres du Comité de suivi et subventionner le carburant de la société TRANSCO. Foi d’un spécialiste: le besoin réel d’un bus de type MCD en carburant s’élève à USD 30.000 par mois. Avec ses 300 bus, TRANSCO a donc besoin de USD 900.000 par mois pour s’approvisionner en carburant. Reste que l’argument ne saurait justifier cette présumée supercherie ou la destination de toutes ces sommes ni l’exploitation de tous les consommateurs de la zone Ouest, contraints par malice à supporter une partie des charges d’une société de transport présumé capable de réaliser des bénéfices.

Par YA KAKESA,
via Africanews

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