Le gouvernement arrivera-t-il à sauver la BIAC?

La Banque internationale pour l'Afrique au Congo (Biac) vit à l'agonie depuis près d'un mois. Cette situation qui a plongée ses clients dans l'émoi total ne tire pas directement ses origines au sein de la Biac.

Sur le banc des accusés, on pointe du doigt la Banque centre du Congo (BCC) en premier. Cette banque des banques en RDC qui a assuré à la Biac un refinancement  plafonné à hauteur de 40 milliards de francs congolais (37,5 millions d’euros) jusqu’en février 2016, l’a suspendu sans avoir pensé aux conséquences fâcheuses. L’institution bancaire en crise l’a chuchoté sans se lasser à l’oreille de tout celui qui voulait l’entendre.

La BCC au centre de la crise

Dans le but d’établir les responsabilités dans cette crise de la Biac, le député national et économiste de formation, Jean-Lucien Busa n’est pas resté indifférant aux difficultés qui frappent les Congolais abonnés à cette institution bancaire. L’élu du peuple a déposé lundi 4 avril au bureau de l’Assemblée nationale, une question orale avec débat à l’endroit du Gouverneur de la Banque centrale du Congo. Pour lui, la Banque des banques serait responsable de la tempête qui secoue la Biac. Car, explique-t-il, elle n’a pas joué son rôle de régulateur du système financier congolais.

Par contre poursuit-il, elle s’est permise de  rompre avec  sa ligne de financement en faveur de la  banque en crise de façon brutale. En outre, la BCC a puisé, dans le compte de la Biac, 30 millions USD pour financer les dépenses gouvernementales, en termes de prêt.

A son tour, Déogratias Mutombo, gouverneur de la Banque Centrale du Congo, intervenant sur ce sujet avait affirmé devant la presse que la banque des banques en RDC avait donné suffisamment de liquidité à Biac pour lui permettre de poursuivre ses activités.

Cette intervention de l’autorité monétaire en RDC a fait renaitre de l’espoir dans les esprits des plusieurs clients et observateurs du secteur. Et, plusieurs politiques n’hésitaient pas à affirmer que le problème de trésorerie à la Biac appartenait désormais au passé. Malheureusement, la crise la Biac pénalise un grand nombre de ses clients jusqu’à plonger beaucoup d’entre eux dans le désespoir.

Les épargnes en péril

Et pendant ce temps, du coté de ses clients le calvaire ne fait que commencer. On les a observé depuis plus de trois semaines affluer vers les agences et distributeurs de billets de cette institution bancaire dans l’espoir de retirer de l’argent. Les plus touchés de cette crise de liquidité estimée passagère à la Biac, ce sont les clients munis de chèques et autres retraits d’argents dépassant la hauteur de 500 USD. Ces derniers ne sont pas permis d’effectuer leurs retraits à cause du volume d’argent proposé. En cette période tumultueuse de la Biac, seul le retrait de moins de 500 USD sont autorisés entendant que la situation soit décantée. Du coup, les propriétaires des  comptes salariés à volume mensuel estimés à plus de 500 USD ne savent plus à quel saint se vouer. Ils ne peuvent pour l’instant entrer en possession de leurs salaires.

Ils sont nombreux parmi les Kinois clients de la Biac qui gardent impatiemment dans leurs tiroirs des chèques d’argents qui recouvriront leur juste valeur que lorsque la banque reprendra son souffle d’avant. Une situation qui met de plus en plus en péril la Biac surtout lorsqu’on sait les clients sont la force d’une banque et doivent rester en confiance avec cette dernière pour éviter le pire. L’une des conséquences de cette crise, c’est le départ du directeur général, Michel Losembe de cette banque qui a été remplacé provisoirement par Anne Mbuguje. Le nouvel ‘‘espoir’’ de la Biac conjuguera ses efforts pour sortir de la crise son entreprise aux cotés de Fabrice Alfonsi en qualité du directeur général adjoint en charge de l’exploitation, de Stéphane Lukamba, directeur général adjoint en charge du commercial et de la Trésorerie et de Mickael Blattner, représentant du Conseil d’administration et chargé de l’opération de recapitalisation de la banque.

C’est ainsi que beaucoup d’observateurs invitent le gouvernement congolais de s’investir pour donner coup de pouce à la Biac. Puisqu’estiment-ils, la BIAC sortira de sa situation d’impasse qu’avec le grand concours du pouvoir public et aussi des banques partenaires. Pour beaucoup, la survie de cette institution bancaire en faillite jouera positivement le monde des affaires congolais. Classée en troisième position, la Biac a enregistré une progression positive de ses activités en passant de plus de 360 000 en 2014 à 40 000 en 2015 comptes ouverts.#

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