la population boude la suspension de l’importation du ciment gris

Le gouvernement a décidé au cours du Conseil des ministres du 7 juillet, de  suspendre pour trois mois, l’importation du ciment gris, de barres de fer à béton et de sucre. Une décision décriée.

Cette décision prise par le gouvernement lors du Conseil des ministres du 7 juillet sur proposition du ministre de l’Economie Modeste Bahati de suspendre l’importation du ciment gris, de barres de fer à béton et de sucre pour trois mois, ne bénéficie pas de l’approbation de l’opinion publique. Alors que le ministre évoque la nécessité de protéger l‘industrie locale contre la saignée des devises étrangères exportées illégalement vers l’étranger sur fond d’une maffia organisée, l’opinion trouve cette mesure inopportune et impopulaire. A une période où il s’observe une relative baisse du ciment gris du fait de la profusion des produits importés notamment de l‘Angola et ailleurs, la population voit dans cette décision une façon polie de remonter les enchères dans un marché déjà maitrisé et à la portée de tous.

Se négociant autour de 10 dollars américains, le ciment importé du pays d’Eduardo dos Santos est préféré à cause de sa qualité. Ceci justifie son succès sur le marché national imposant de fait une concurrence loyale aux produits locaux qui peinent à s’écouler. Le gel de trois mois de toute importation du ciment gris devrait, à l‘avis du ministre, permettre aux industries nationales déjà essoufflées d’être en mesure d’écouler leurs produits. Là-dessus, certaines langues allèguent que la tendance est d’arrêter carrément l’importation du ciment gris pour permettre à la Cilu de se refaire une santé financière, et par là, de revitaliser la maffia qui a toujours gangrené le système de distribution et de vente de ce produit au grand dam des gagnes-petits. Entre-temps, les provinces issues du démembrement tels que le Katanga qui utilise le ciment importé, la production locale étant essentiellement concentrée dans l’Ouest du pays, sont les premières à subir le contrecoup de cette mesure qualifiée d’inopportune.

D’aucuns ont encore frais à l’esprit les restrictions douanières imposées dernièrement au niveau du poste frontalier de Lufu sous couvert de la lutte contre la fraude qui s’y est installée. Au finish, ce marché à l’époque florissant, a fini par perdre de sa superbe suite aux nombreuses taxes appliquées aux commerçants. Moralité : les produits alimentaires en provenance de l’Angola ont fini par disparaître de la circulation, au grand désenchantement de la population. Le marché du ciment importé d’Angola ne risque-t-il pas de subir le même sort ? Wait and see.

Avec ADIAC

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