Inga III au Kongo central : la Société civile exige d’abord des études de faisabilité

Pour la Société civile, ces études sont vitales. Elles doivent, obligatoirement, être réalisées avant de lancer le projet de construction du barrage d’Inga III Basse-chute. Ce, quelque soit le développeur du projet, chinois ou espagnol, du moins, les deux qui restent en lice.

La Société civile de la République démocratique du Congo insiste pour que des études de faisabilité et complémentaires soient d’abord réalisées au préalable, avant le lancement du projet de construction du Barrage Inga III Basse-chute. Elle s’inquiète surtout, du fait que ces études ne figurent nulle part dans le calendrier de travail de l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI).

Pourtant, estime la Société civile, ce sont des études vitales et obligatoires. D’autant plus qu’elles impliquent des études d’impacts environnementaux et sociaux. Elles sont nécessaires, non seulement pour des travaux titanesques immédiats du projet Inga III, mais aussi pour tout le projet Grand Inga. C’est-à-dire, pour l’ensemble des centrales hydroélectriques qui seront érigées dans le complexe énergétique d’Inga (jusqu’à Inga 8 pour atteindre la capacité du site) dans la province du Kongo central.

A savoir, dans ce seul site, se concentre une capacité de production de 40.000 mégawatts d’énergie électrique, sur les 100.000 Mw du potentiel énergétique de la Rdc pour l’hydroélectricité. A ce jour, il y existe deux barrages, Inga 1 (d’une capacité de 351 Mw avec six tribunes dont deux seulement fonctionnent) et Inga 2 (d’une capacité de 1424 Mw avec 8 tribunes dont 5 en fonction), construits pendant la deuxième République.

Projet Inga 3 et ses enjeux

Le Gouvernement de la République s’attèle maintenant à la réalisation d’une troisième centrale hydroélectrique Inga 3 basse-chute (il y aura également Inga 3 haute-chute), d’une capacité de 4.800 Mw. Pour le Gouvernement, c’est la première phase de l’aménagement du Grand Inga en une série de projets hydroélectriques.

Les travaux pour la construction de ce barrage devront durer au moins cinq ans. Le projet comporte donc sept phases. Le coût pour la réalisation de ce projet oscille autour de 12 milliards de dollars américains.

Un consortium privé (ou développeur du projet) se chargera de ce fait, de la construction du barrage ainsi que d’autres infrastructures sur le site. Au départ, six développeurs étaient en lice, puis ils sont restés à trois. Et aujourd’hui, il ne reste plus que deux dans la compétition, un groupe chinois (Trois Gorges) et un autre espagnol, le canadien ayant désisté récemment.

Même les développeurs exigent ces études 

Après l’étude de préfaisabilité effectuée par des experts dans le cadre de ce projet, il s’est avéré que plus d’une quinzaine d’études complémentaires ont été identifiées au préalable pour lancer ce projet Inga III, dont des études d’impacts environnementaux et sociaux. Les deux développeurs en compétition également, ont recommandé, chacun pour sa part, des études de faisabilité.

Le groupement chinois Trois Gorges (constructeur de l’actuel plus grand barrage de la planète) recommande la prise en charge par la Rdc de l’ensemble des études complémentaires envisagées, auxquelles et il a également exigé la prise en compte de certains problèmes. Il estime que ces études sont utiles pour la bonne préparation du projet et souhaite y participer en tant que consultant.

La Chine suggère également d’autres études supplémentaires en plus des études complémentaires, notamment sur le moyen de transport de l’électricité.

Quant au consortium espagnol, il pense que les études complémentaires sont utiles pour permettre de mieux préparer les offres. Il suggère même que ces études soient menées sur les questions sensibles, notamment, la zone d’inondation d’Inga 3 et du Grand Inga ; les impacts environnementaux globaux sur l’ensemble du projet ; le débit de l’eau ; les modèles physiques des ouvrages ; la structure des turbines, etc.

De l’implication de la Société civile dans le projet Inga 3

Pour la Société civile, si ces études ne sont pas réalisées, il y aura inévitablement des conséquences néfastes qui suivront après la construction de ce barrage. Et le pays risque certainement de payer des lourds dommages.

Il sied de signaler que la Société civile de la Rd Congo, à travers le Centre national d’appui au développement et à la participation populaire (CENADEP), est très engagée dans le suivi de la mise en œuvre du projet Inga III. C’est dans cette perspective que travaille la Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes de l’action publique (CORAP).

A partir de cette CORAP est donc né le Projet d’appui au plaidoyer pour l’accès inclusif à l’énergie. Lequel tient compte des revendications de la population par rapport au développement du projet Grand Inga. Ce projet est financé par la Fondation OSISA (Open Society Initiative for Southern Africa) à hauteur de 100.265 dollars américains.

L’Avenir

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