Optimum Forum discute du capital humain

Dans un pays ou l’informel représente 20 à 25% du PIB et concentre 80% des Congolais selon l’Organisation Mondiale du Commerce, la modernisation du pays passe nécessairement par une réflexion approfondie sur les ressources humaines. C’est pourquoi du 27 au 28 octobre Optimum Forum...

Lorsqu’on demande à l’initiateur des Optimum Forum, Didier M’Pambia, le pourquoi de cette thématique sa réponse est claire : « selon un sondage de la Banque mondiale de 2014 en RDC, 73% des grandes entreprises considèrent les compétences comme une contrainte commerciale majeure ». Les ressources humaines sont un des enjeux majeurs du développement.

Au cours de la session, Mbanza Moupondo, Administrateur Directeur Général de Sodeico Manpower, a affirmé que  : « les entreprises ne dénoncent pas une absence de main-d’oeuvre mais n’ont pas d’argent pour assurer les formations ». Deux tendances se sont développés pendant ces assises : d’une part, certains panelistes veulent que l’Etat se désengage de la formation et développe un cadre légal et réglementaire moderne pour l’éducation et la formation ; dimg_4125-800x533’atte part, certains orateurs ont demandé plus d’Etat et notamment la création d’écoles des mines. Le député Patrick Muyaya a souligné que les textes légaux sont adaptés, le problème demeure essentiellement dans leur application. Le Ministre Theophile Mbemeba a déploré que son ministère soit le parent pauvre du Gouvernement. Actuellement, il y a 1 professeur pour 171 étudiants. Il a constaté qu’entre 2006 et 2015, le nombre de diplomés a  environ doublé de 239.000 à 447.000 dont 80% viennent de filières traditionnelles.

Au-delà de l’antagonisme naturel entre secteurs public et privé, chaque orateur s’accorde à la nécessite d’un dialogue entre la tripartite : université, Etat et secteur privé.  En effet, les universités ne créent pas des filières porteuses d’emploi et investissent très peu dans des formations techniques. Raïssa Malu, chef de l’Unité Technique d’Appui EPS-INC-PEQPESU (Projet d’éducation pour la qualité de l’enseignement et la pertinence des enseignements aux niveaux secondaire et universitaire), a montré l’importance dès le primaire de renforcer l’enseignement des sciences jusqu’à l’université. Les entreprises doivent pouvoir exprimer leurs besoins au sein d’une telle plateforme et comme l’a souligné Alexis Nsikungu, Directeur général d’Afrik Interim, l’Etat a un rôle prépondérant dans les politiques de l’emploi et des ressources humaines. En effet, dans le cadre des investissement directs étrangers, l’investisseur entre sur le marché avec un modèle économique en total inadéquation avec les réalités du marché local de l’emploi . Dès lors, l’investisseur importe la main-d’œuvre qualifiée et adéquate pour son entreprise.

 

Madimba KADIMA-NZUJI

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