La SNEL accuse la pluie : où est passé l’électricité ?

La SNEL a annoncé une baisse de sa production électrique pendant la saison sèche à cause de la faible pluviométrie. Au XXIème siècle, au moment où l'humanité pense envoyer des vols habités vers mars, pourquoi la SNEL accuse le fleuve. Où est passé l’électricité ?

La Société Nationale d’Electricité (SNEL) a annoncé une baisse de sa production électrique pendant la saison sèche 2017. Une faible pluviométrie en serait la cause et contribuerait à réduire l’approvisionnement en eau des barrages hydroélectriques. Au XXIème siècle, au moment où l’humanité réfléchit au moyen d’envoyer des vols habités vers la planète mars, pourquoi la SNEL accuse la pluie. Où est passé l’électricité ?

Dans un pays rongé par l’incertitude politique et plombé par une économie en berne, l’annonce faite par le porte-parole de la SNEL Médard Kitanaki fait l’objet d’une douche froide. En effet, selon une étude du FMI de 2014, la fourniture d’énergie constitue la première revendication des entreprises opérant sur le territoire congolais. En effet, la plupart des unités de production suppléent au courant de la SNEL par l’acquisition de groupes électrogènes , de panneaux solaires ou de mini barrages hydroélectriques.

Cela est inquiétant d’autant plus que les gouvernements Matata et Badibanga ont fait de l’électricité un véritable enjeu économique. Dans son discours de politique générale du 22 décembre 2016, le Premier ministre Badibanga annonçait déjà les couleurs: « Pour ce qui est de l’énergie, elle mérite une attention spéciale, tant elle est essentielle aux capacités de production et transformation, donc à la création de valeur ajoutée (…) Mon gouvernement entend par conséquent poursuivre la rénovation des réseaux de distribution urbains, et des centrales électriques, indispensables à la production minière, en encourageant l’investissement privé, et surtout, apporter à la population rurale, une énergie décentralisée et renouvelable, notamment par les panneaux solaires et les micro-barrages« . Force est de constater que la fourniture d’énergie électrique est encore à la merci des éléments puisque les écluses du ciel étant en panne, la production d’énergie hydroélectrique est menacée.

La rédaction de Economico.cd a contacté Sandrine Ngalula Mubenga, ingénieur en génie électrique et Présidente de la Conférence Power Africa 2017 qui se tient du 27 au 30 juin 2017 à Accra au Ghana, pour avoir son avis sur la question: « les besoins énergétiques de la RDC sont considérables. Il est très important de diversifier les sources d’approvisionnement en énergie  » a d’abord expliqué la spécialiste. « De nombreuses solutions autres que l’hydroélectrique peuvent être intégrées dans le plan de développement national de fourniture en énergie notamment du solaire et de l’éolien. Sinon le Congo peut continuer avec l’hydroélectrique à condition d’utiliser des pico et micro centrales. Ces dernières ont des besoins en entretien moindre » a-t-elle suggéré. « Avec l’étendue des connaissances disponibles en termes de production d’énergie, il est impensable que l’étiage du fleuve soit un obstacle à la distribution électrique » a affirmé Mme Sandrine Ngalula Mubenga. Et la doctorante en génie électrique de conclure que la participation des cadres de la SNEL à des conférences comme Power Africa 2017 contribuerait à la réflexion sur les solutions énergétiques.

 

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  • La question de la diversification des sources d’énergie électrique en RDC est capitale pour la RDC. L’avenir de la petite et moyenne industrie, et plus globalement, de la stabilité socio-économique en est tributaire au plus haut point. Cet article mérite d’être enrichi car il pointe une question cruciale pour la survie de la Nation(déjà à très court terme!).
    Cid Lurhak