Que valent nos vies ? #congoleselivesmatter

Deux experts des Nations Unies ont été enlevés au Kasaï central. Quatre congolais ont aussi disparu et aucun media national ne donne leur nom. Sommes-nous si inquiets du regard des bailleurs internationaux pour ne pas en parler ?

Nos vies valent-elles si peu chères à nos yeux que personne n’en parle ?

Deux experts des Nations Unies rattachés au comité du Conseil de Sécurité ont été enlevés au Kasaï central sur l’axe Bukende-Tshimbulu. Dans le communiqué de la MONUSCO, il n’est fait état que de ces deux experts, il n’est pas fait mention des Congolais qui se trouvaient avec eux. La nouvelle fait le tour de la terre et des rédactions, le monde occidental s’émeut pour ses experts et cela est normal.

Dans le communiqué du Gouvernement, les experts du Groupe des Nations unies sur la RDC sont cités nommément et pour la première fois, il est fait mention des Congolais qui se trouvaient avec eux. Précision, on évoque le nombre mais pas leur nom comme des anonymes s’en allant à la fosse commune.

Ce sont des congolais qui ont disparu et aucun media national ne donne leur nom. Toute la profession agit comme si l’évocation de leur nombre suffisait à rendre la réalité d’un être humain. N’ont-ils pas de familles ? Personne ne les attend ? Personne ne s’inquiète pour eux ? N’ont-ils pas droit à un élan de sympathie collective ou sommes-nous trop inquiets du regard des bailleurs internationaux pour en parler ? Nos plumes sont-elles si peu inspirées pour parler de ceux qui nous sont proches ?

Un américain a droit à un nom, une Suédoise a droit à un nom et les Congolais ont droit à un chiffre comme des « commodities », de la marchandise ou des dommages collatéraux. #Blacklivesmatter comme il était scandé sous d’autres horizons, #Congoleselivesmatter devrions-nous dire. Le sang des uns est-il plus rouge que celui des autres ? Mais arrêtons nous un instant, respirons et tournons nos pensées et nos prières pour ces six personnes arrachés à leurs proches pendant l’exercice de leur fonction.

Les média en ligne ont révolutionné notre manière de consommer l’information : instantanéité et proximité sont devenues notre quotidien. Les Congolais de Kananga à Montréal sont informés des mêmes réalités, et ce pouvoir doit servir aussi à parler de nous et de ceux des nôtres qui souffrent. A la politique, nous sacrifions l’ensemble de nos attentions et laissons dans l’oubli ces héros dans l’ombre. Pour que le développement advienne, il nous faut être, dans le respect des lois et de la bienséance, la voix de ceux qu’on n’entend pas, de ceux dont les murmures sont couverts par le bruits des bottes et le crépitement des armes.

Si nous ne nous valorisons pas, n’attendons pas d’être valorisés  par les autres.

M. Kadima-Nzuji

So Economico

2 Commentaires

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  • A mon avis, il serait difficile de connaitre les noms des accompagnateurs du fait que l’on ne connait pas les activites des uns et des autres. Chacun se debrouille et s’improvise un metier juste pour gagner qlqs billets verts

  • Merci de nous réveiller. Mais c’est vraiment triste de voir que nous avons tout perdu, même le sens de l’humanité. En principe, on devrait retrouver les noms des congolais disparus, puisque je présume qu’une mission des Nations Unies ne peut se déplacer avec des «nationaux» sans les avoir identifiés au préalable.