Où va le Franc congolais ?

Causée par la chute du cours des matières premières, la dépréciation du franc congolais avait ralenti grâce aux 28 mesures prises par le dernier gouvernement Matata. Sur fond de crise institutionnelle, beaucoup de congolais se demandent aujourd'hui de quoi sera fait demain.

Le Franc congolais est en péril. A moins d’une embellie fortuite des cours mondiaux des matière premières, l’économie congolaise restera morose voire terne jusqu’au moins la fin de l’année. Il faut préciser qu’en décembre 2015,  un dollar s’échangeait à 945 Franc congolais. La monnaie nationale a perdu près de 51% de sa valeur en un an demi. Les réserves de change sont estimées à 738,08 millions USD, ce qui correspondrait à 3,24 semaines d’importations de biens et services sur ressources propres.Une crise de liquidité est à craindre dans la mesure où la baisse des recettes de l’Etat empêcherait ce dernier d’honorer ses engagements. De plus, le financement sur les marchés internationaux devient de plus en plus difficile.

Le gouvernement Tshibala à la rescousse

Le tout nouveau gouvernement Tshibala a du pain sur la planche et de l’ambition. En effet, il doit réunir près de 526 millions de dollars américains pour l’organisation des différents scrutins électoraux. « Nous allons mettre tout en œuvre pour mobiliser les ressources financières internes en vue de financer les élections », a déclaré à l’AFP le nouveau Premier ministre congolais. Cela passera nécessairement par une réforme de l’administration et un renforcement de la discipline budgétaire. En outre, le gouvernement s’est donné comme objectif de résorber le chômage des jeunes et d’accroître le bien être social. Si la tâche est louable, elle paraît fort ardue.

La stratégie des précédents gouvernements a été de ralentir la dépréciation du Franc Congolais  en agissant sur le taux de change, en limitant le coulage des recettes et en réduisant les dépenses. La stabilité macroéconomique demeure aussi un des objectifs de l’équipe gouvernementale.

Des conséquences sociales désastreuses

Avec une inflation galopante, les conséquences sont désastreuses pour les populations. En effet, les prix des biens et services ont augmenté de près de 31% . Les fonctionnaires voient leur pouvoir d’achat, exprimé en Franc Congolais, diminué. Par exemple, la rame de poisson chinchard s’achetait à 25.000 FC dans les alimentations de Kintambo magasin et maintenant est vendue à 27.000 FC. De même, le sac de riz de 25  kg est vendu à 26.000 FC contre 23.000 FC trois mois plutôt.

La solution: diversifier l’économie

Autant Richard Staines, Représentant résident du FMI, ou Jean Claude Masangu, ancien Gouverneur de la Banque centrale, s’accordent sur le fait que la diversification de l’économie est une étape indispensable. Pour Richard Staines, « cela nécessite une stabilité macroéconomique, une amélioration de l’environnement des entreprises et des investissements dans le capital physique et humain » (à lire ici). De même, Jean Claude Masangu s’exprimant auprès de nos confrères de La Prospérité affirme que « Il faut mettre en place des structures pour davantage produire localement. Cela aura pour conséquence logique, la réduction des importations. Par ailleurs, l’Etat congolais consolidera son matelas financier de devise et œuvrera pour l’augmentation de ses richesses » (à lire ici).

En conclusion, il faudra beaucoup d’ardeur au gouvernement de Tshibala pour trouver des solutions à la crise économique dans des temps politiques aussi troubles.

 

Madimba Kadima-Nzuji

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