Recul des transferts d’argent de la diaspora vers l’Afrique subsaharienne

C'est la deuxième année consécutive que les envois de fonds de la diaspora vers l'Afrique subsaharienne sont en baisse. Avec 33 milliards de dollars américains, ces envois de fond connaissent un fléchissement de 6,1% en 2016.

Selon la Banque mondiale, les transferts d’argent de la diaspora vers l’Afrique subsaharienne sont en baisse depuis deux ans. Selon l’institution de Bretton Woods, les envois  de fonds des migrants ont atteint 429 milliards de dollars américains en 2016. Ce chiffre est en recul de 2,4% en 2015.

Cependant, malgré la déprime généralisée, l’Inde demeure le premier pays destinataire des transferts de fonds avec 62,7 milliards de dollars américains mais enregistre un recule de 8,9%.  Le Bangladesh (-11,1 %), le Nigéria (-10 %) et l’Égypte (-9,5 %) viennent clôturer ce peloton de tête. Autre aspect qui demeure inchangé, le coût du moyen transfert. En effet, pour 200$ d’argent transféré, le coût moyen reste de 7,45%. L’Afrique subsaharienne se distingue par un coût de 9,8% du à la complexité des opérations liées aux transferts dans la région et à la lutte contre le blanchiment des capitaux.

Plusieurs raisons expliquent ce recul mondial des envois de fonds des migrants. L’Afrique subsaharienne subit les revers des difficultés économiques en Europe. mais aussi « sous l’effet conjugué du ralentissement de la croissance dans les pays d’origine, du repli des cours des produits de base et, en particulier, du pétrole, et des envois de fonds informels consécutifs à la mise en place d’un contrôle des changes dans des pays comme le Nigéria » selon la Banque mondiale. Cependant, une tendance à la hausse est envisagée de 3,3% pour 34 milliards de dollars.

La diminution de ces transferts a un impact socio-économique certain sur les bénéficiaires: « Les envois de fonds des travailleurs migrants sont une importante source de revenu pour des millions de familles dans les pays en développement. Aussi la baisse de ces transferts d’argent peut-elle avoir des conséquences graves sur la capacité de ces ménages à se soigner, scolariser leurs enfants et s’alimenter correctement », explique Rita Ramalho, directrice par intérim du Groupe des indicateurs mondiaux de la Banque mondiale.

 

Madimba Kadima-Nzuji

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