RDC: entre potentialité économique et incertitude politique

Le 27 juin dernier Moody's a procédé à la mise à jour annuelle de la note de la RDC. Le Congo avait obtenu la note B3 en septembre 2013, une première pour le pays. Cette année, l'agence de notation conclut que la RDC oscille entre des perspectives de croissance et l'incertitude politique.

Dans un communiqué de presse (disponible ici), l’agence de notation a donné les conclusions de la mise à jour de la note B3 de la RDC. Cette note avait été attribuée en septembre 2013 et constituait une étape décisive pour la crédibilité financière du pays. En effet, une notation est une évaluation du risque représenté par un emprunteur. En d’autres termes, il permet de savoir si l’entité (Etat, société, …) qui emprunte de l’argent est capable de rembourser. Cela permet aux entités notées de pouvoir emprunter de l’argent sur les marchés financiers. Plus la note est élevée, moins le risque de défaut de paiement est grand en conséquence le coût de l’emprunt sera faible.

Selon la nomenclature de Moody’s, Aaa est la note la plus élevée au contraire de C qui est la plus mauvaise. La note B3 signifie au prêteur qu’un risque élevé existe et que l’économie de l’emprunteur est vulnérable. Des pays comme l’Egypte, le Sénégal, le Mali et le Cameroun ont obtenu la même note cette année là. En novembre 2013, cette note B3 avait fait l’objet d’une conférence organisée par le think tank Génération Congo dont les conclusions sont disponibles ici:Newsletter GENERATION CONGO #1 decembre 2013

Selon Aurélien Mali, Vice-Président de Moody’s et co-auteur du rapport, le secteur minier demeure prépondérant dans l’économie congolaise alors que les secteurs agricole et électrique présentent de vrais opportunités : « la chute du prix des matières premières, notament le cuivre, a causé le ralentissement de 6,9% en 2015 à 2,4% en 2016. Elle a conduit à une baisse importante des recettes fiscales creusant ainsi le déficit de l’Etat. Cela a contribué aussi à la dépréciation de la monnaie locale et à l’augmentation de l’inflation« . Il ajoute cependant que « la légère hausse des prix des matières premières a réussi à stabiliser l’économie congolaise au premier semestre 2017″.

Les tensions dans l’Est du pays, l’incertitude politique, la diminution des réserves de devises qui rend le pays vulnérable aux chocs externes,… constituent des freins à une croissance forte et durable.

Cependant, comparativement aux autres pays noté B, la RDC a une dette exterieure faible. En outre, plusieurs facteurs positifs contribuent à une stabilisation de l’économie notamment la modernisation des finances publiques, les réformes fiscales engagées. Cela passe aussi par une augmentation de l’investissement en matière d’infrastructures, en priorité la fourniture d’énergie et la mise en place d’une offre de transport public viable.

Si la hausse des prix des matières première continue, Moody’s prévoit une croissance de 3,5% fin 2017 qui passera à 5% en 2018 si la reprise de la production minière se confirme.

 

Madimba Kadima-Nzuji

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