Doing Business 2019: feuille de route des réformes validée… pour quelles implications ?

Ce 26 septembre, le Comité de pilotage du climat des affaires s'est réuni pour valider la feuille de route des réformes pour améliorer la position de la RDC dans le classement Doing Business 2019. Problème: devons-nous améliorer notre position dans ce classement ou changer la vie des gens...

Sommes-nous prisonniers du classement Doing Business ?

La réthorique est simple dans son énoncé mais lourde de conséquences: il faut améliorer la position de la RDC dans le classement Doing Business 2019. Dans l’imaginaire collectif économique congolais, la RDC est comme l’élève qui apprend ses leçons pour obtenir des points et nonpour comprendre le monde qui l’entoure. Il est important que l’Etat s’intéresse à la réalité des Congolais et des Congolaises qui entreprennent plus qu’à un classement.

L’amélioration du bien être de l’entrepreneur congolais(e) passe par un inventaire chiffrée et géolocalisé de ses difficultés, de ses besoins et surtout des opportunités à portée de sa main. Cet inventaire est de la responsabilité des dirigeant avec le soutien des corporations. Il n’y a pas de développement sans mesure et relever le défi de ces indicateurs n’est pertinent que si ils sont en adéquation avec les attentes internes des populations. Remplir les critères d’un des nombreux classements de la Banque mondiale contribue à renforcer à l’international notre image d’un pays d’investissement mais pas nécessairement les conditions sociales des populations.

Les 4 défis du Doing Business 2019

Anthony Nkinzo, DG de l’ANAPI, a présenté au cours de la réunion du Comité de pilotage les indicateurs visés par les réformes à savoir la création d’entreprise, la fiscalité, la fourniture d’énergie et le règlement de l’insolvabilité. Il faut saluer l’initiative du gouvernement et de l’ANAPI pour se pencher sur ses problématiques et d’y apporter des solutions normatives. Cependant, il faut noter que l’amélioration du cadre réglementaire passera par des arrêtés ministèriels, c’est-à-dire des actes juridiques susceptibles d’être abrogés aisément en cas de changement de ministre. Il aurait fallu amender les lois existantes dans les matières concernées.

En voulant améliorer ces 4 indicateurs pour la RDC, le gouvernement et l’ANAPI s’engagent sur une voie longue, difficile et semé d’embûches. La recession que connaît le pays constitue un frein certain à la création d’entreprises. Des filières comme celle des mines ont vu leurs chaînes de valeur se démanteler et une cascade de sous-traitants devant mettre la clé sous la porte. En outre, les banques ne financent en général et à des conditions discutables que des entreprises déjà viables: il y a peu de place pour les nouveaux entrants. En ces temps économiques incertains, il est difficile d’imaginer l’Etat se passer d’une fiscalité salvatrice. Enfin, l’amélioration de la fourniture d’énergie devrait passer par la diversification des sources d’enérgie cependant ce n’est pas le choix de l’Etat.

Madimba KADIMA-NZUJI

 

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