RDC pays le plus riche d’Afrique francophone: pourquoi n’en profitons-nous pas ?

Dans un dernier rapport de la Banque Africaine de Développement (BAD), la Répubique démocratique Congo est en tête des pays africains francophones en termes de PIB. Dans les réseaux sociaux, l'amusement croise l'étonnement. Alors pourquoi si riche, nous sentons-nous si pauvre ?

Selon la BAD, la République démocratique du Congo se positionne en première place du classement des pays africains francophones grâce à un PIB à 44,7 milliards de dollars américains. Le pays a multiplié par trois son économie en douze ans. La crise financière actuelle (dépréciation du Franc congolais face au dollar, volatilité des prix des matières premières) n’efface pas les potentialités du pays: 80 millions d’hectares de terres arables, un potentiel hydroélectrique qui peut éclairer l’Afrique entière, des ressources minières diversifiées et variées dont 60% de la production mondiale de cobalt, …

La twittosphère et Facebook sont en émoi devant ce classement. Les réactions oscillent entre incrédulité, étonnements et indignations. Ces réactions sont interessantes à plus d’un titre parce ce qui devrait être objet de fierté est tourné en dérision et surtout parce que la mesure, le PIB, est perçue pour ce qu’elle n’est pas: un indicateur de richesse sociale.

En fait c’est quoi, le PIB ?

Le PIB est l’acronyme de Produit Intérieur Brut, un indicateur de base en économie souvent combattu et vilenpidé au profit d’autres indicateurs comme l’IDH (Indice de Développement Humain). C’est « (…) est une mesure globale de la production qui est égale à la somme des valeurs ajoutées brutes de toutes les unités institutionnelles résidentes engagées dans le processus de production (plus les taxes indirects/impôt sur les produit et moins les subventions) » tel que le définit la Banque Africaine de Développement dans son Annuaire statistique 2017.

Le PIB est un indicateur macroéconomique qui permet de mesurer la croissance économique d’un pays. Divisé par la population totale, il donne le revenu indviduel. En l’espèce, si nous divisons les 44 milliards de dollars USD par la population estimée à 80 millions d’âmes, le revenu individuel est de 550$. Comparativement, la Côte d’Ivoire, qui est deuxième du classement avec 38,496 milliards de dollars américains et une population de 23,7 millions d’habitants en 2016, a un revenu par habitant de 1624,3 $. Cela relativise assez vite cette première place.

Production vs répartition

L’enjeu d’une tel résultat, même après correction en revenu par habitant, est social. L’économie congolaise est essentiellement tirée par les services (40% du PIB), le secteur minier (24% du PIB) et l’agriculture (18% du PIB). Cependant, ses secteurs contribuent essentiellement par la fiscalité directe et indirecte (un des plus importantes d’Afrique). La création d’emplois même si elle due à ces secteurs reste en deça notamment de son potentiel à cause du fardeau de la fiscalité.

Le PIB ne prend pas en compte le poids de l’informel, dans son dernier examen des politiques commerciales de la RDC, l’Organisation Mondiale du commerce avait estimé entre 20 à 24% sa taille. Ces estimations sont assez difficiles à appréhender vu le caractère de l’indicateur.

Il faut donc conclure que la répartition à travers la création d’emploi et les systèmes sociaux demeurent le vrai indicateur de la richesse conglaise. Et il reste encore beaucoup à faire.

La rédaction

Commenter

Cliquez-ici pour commenter