Le gouvernement finalise le Règlement minier, « sans tenir compte » des préoccupations des multinationales

Selon des sources concordantes, le gouvernement va adopter le nouveau règlement minier sans tenir compte des préoccupations exprimées par les multinationales opérant en RDC. 

Lancés depuis fin mars, les travaux relatifs à la révision du règlement minier congolais vont pouvoir prendre fin, apprend ECONOMICO.CD des sources concordantes.

Durant ces travaux, qui s’inscrivaient dans le cadre de la promulgation de la loi n°18/001 du 09 mars 2018, modifiant et complétant la loi n°007 /2002 du 11 juillet 2002 portant Code minier, les sociétés minières, dont Glencore Plc et Randgold Resources Ltd., ont demandé au gouvernement de modifier certains aspects de la législation approuvée par le président Joseph Kabila en mars. Le ministère ne fait aucune mention des changements majeurs souhaités par les entreprises, d’après un projet de document consulté par l’agence américaine Bloomberg. Le document a été distribué aux sociétés minières le 3 mai.

« Nous sommes en train de travailler pour qu’il y ait un projet qui doit être examiné par le gouvernement« , a déclaré Valery Mukasa, chef de cabinet du ministre des Mines, Martin Kabwelulu, depuis la capitale, Kinshasa, cité par le média américain. « Nous finissons d’abord le travail et à ce moment nous communiquerons sur l’ensemble du texte. »

Le président Joseph Kabila a promulgué, 9 mars, le nouveau code minier adopté par les deux Chambres du Parlement, au début de l’année. Et cela, contre l’avis des grandes compagnies minières. Lors de la lecture de cette ordonnance à la télévision publique, le gouvernement a cependant réaffirmé sa volonté de poursuivre les échanges avec ces dernières.

Cette réforme du code minier, commencée en 2012, vise à accroître les recettes publiques issues des ressources du pays. Selon la présidence de la République, il s’agirait de les faire passer de 800 millions de dollars (650 millions d’euros) à 2 milliards de dollars (1,6 milliard d’euros). Sachant que le budget de l’État en 2018 est d’à peine cinq milliards de dollars (4 milliards d’euros) alors que ce pays est le deuxième plus grand pays d’Afrique (2,3 millions de kilomètres carrés), qu’il compte environ 82 millions d’habitants et que ses besoins en éducation, santé, infrastructures, sécurités, justices sont très loin d’être satisfaits. La RDC est aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres du monde, malgré la richesse de son sous-sol.

La hausse des taxes de 2 à 3,5 % du chiffre d’affaires sur les minerais « classiques » (tels que le cuivre et l’or) et de 2 à 10 % sur les minerais stratégiques. Si la liste complète des minerais stratégiques n’a pas encore été divulguée, tout indique que le cobalt devrait y figurer. La RDC assure les deux tiers de la demande mondiale de ce minerai rare, indispensable pour la confection des téléphones et ordinateurs portables, des batteries de nouvelles générations des voitures électriques.

Parmi les entreprises qui ont un besoin impératif de cobalt, Renault, Volkswagen, Volvo, Apple et Samsung. De sorte que son prix flambe : en un an, il a augmenté de plus de 127 %, pour atteindre mi-février les 82 000 dollars (66 671 €) à la bourse des métaux de Londres (LME). Vendredi 9 mars, son prix a encore battu un record, passant à 84 000 dollars la tonne (68 132 €) à la LME. La production congolaise de cobalt part à 80 % en Chine où elle est raffinée.

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